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3/09/2010 - Industrie
La 3D partout
La technologie 3D ouvre de nouvelles possibilités, le match de la Coupe du monde entre les Pays-Bas et le Japon a été diffusé en 3D dans certains cinémas et sur la chaîne spécialisée Skychan 3D169.

3/09/2010 - Politique
Les stars se lancent en politique
Certaines stars de la télévision – ou « talento » - et du sport qui se lancent en politique et deviennent parlementaires. Mais l'opinion se désole du manque d'efficacité d'une grande partie.

Source : CCIFJ
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 :: FRANCE JAPON ECO


A chaque trimestre, la publication "FRANCE JAPON ECO" de la Chambre de commerce et d'industrie française du Japon,
est offerte à nos membres.

Numéro 123
Eté 2010 :


TRANSPORTS : LA VOIE DU JAPON



::UN PEU DE LECTURE POUR CET ETE

 
 
     
Matinale CEFJ : Jeudi 4 juin 2009 – 9h00-10h30
Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris
27, avenue de Friedland 75008 Paris

Dans le cadre des Matinales du Comité d’Echanges Franco-japonais, Monsieur Jacques Attali est venu donner une conférence autour de son dernier ouvrage « La crise, et après ?» animée par Monsieur Philippe Riès, journaliste et ancien correspondant de l’AFP au Japon. Jacques Attali fut le « sherpa » (conseiller spécial) du président François Mitterrand, il participa également à la création de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Il est le fondateur de Planet Finance, association d’encouragement au micro- financement. Dans un monde où l’on cherche les moyens d’éviter les concentrations financières qui ont conduit à la crise actuelle, la micro-finance est certainement une voie possible pour sortir de cette situation. Enfin Jacques Attali a présidé l’année dernière la Commission pour la libéralisation de la croissance française, dite Commission Attali.

L’ouvrage de Jacques Attali se distingue de tous les autres parus sur la crise parce qu’il revient sur les racines profondes de cette crise. En effet, le statut privilégié du dollar né avec les accords de Bretton Woods, est à l’origine de la crise actuelle. Le Japon a d’ailleurs payé très cher ce statut privilégié du dollar et la nature de sa relation avec les Etats-Unis depuis le endaka jusqu’à la déflation.

Comment expliquer la relation entre le statut privilégié du dollar et cette crise ?

On peut dégager trois causes ou plutôt trois dimensions à la crise : une cause américaine, une économie globalisée sans état de droit, et la faiblesse de la croissance réelle des pays de l’OCDE

Première dimension : la cause américaine de la crise.
D’une part, depuis 1945, le dollar est la monnaie dominante. Cette suprématie a engendré aux Etats-Unis un développement du crédit (le crédit devenant un substitut des salaires) transformant l’Amérique en une société de l’endettement. Cette explosion de l’endettement américain est la cause originelle de la crise. D’autre part, une monnaie de référence est par nature faible. Elle doit être obligatoirement en déficit (paradoxe de Griffin).

Deuxième dimension : Une économie globalisée sans état de droit.
Nous avons accédé à une économie mondiale globalisée, sans état de droit mondial. A l’échelle mondiale, on a opté pour un marché libre sans en contrepartie établir un état de droit. Cela a créé naturellement une impunité économique. Les agences de notations ne notaient personne. Les systèmes de contrôle ne contrôlaient personne. Les frontières existant entre l’économie légale et l’économie allégale, illégale, et criminelle ont totalement disparu.

Troisième dimension : La faiblesse de la croissance réelle parmi l’ensemble des pays de l’OCDE.
C’est, selon moi, la plus profonde. Les Etats-Unis, l’Europe et surtout le Japon sont des pays « fatigués » (vieillissement de la population, déficit des naissances). Leur croissance naturelle qui est le fruit de 4 facteurs (la population, l’épargne, les matières premières, le progrès technique) est extrêmement faible. Aujourd’hui, nous n’avons plus de croissance démographique,de même aux Etats-Unis. Nous n’avons pas non plus assez d’épargne, ni de progrès technique. Depuis 30 ans, nous avons réussi à maintenir une croissance forte en pillant les matières premières, la population (par l’immigration), l’épargne venant des continents à forte croissance naturelle comme l’Afrique ou l’Asie. Nous avons attiré les meilleurs étudiants et chercheurs pour continuer à bénéficier de progrès technologique. Or ce système artificiel est extrêmement difficile à maintenir. Parce que la démographie s’essouffle. Nous avons beaucoup de mal à accepter les étrangers. Le Japon est de ce point de vue un cas extrême. Sa réticence à recourir à une immigration plus importante explique son avancée dans le domaine de la robotique. Notre système est donc fatigué devant la dynamique de croissance de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique.

Pourquoi le dernier G-20 a-t-il totalement ignoré la question de la remise en cause du statut du dollar?

Concernant le statut du dollar comme monnaie de référence, les Américains sont pour le statut quo et ni les Européens ni les Japonais n’ont voulu le remettre en cause. Détenir la monnaie de référence implique des responsabilités. Dans les années 80, le Japon, pour des raisons historiques, n’a pas voulu que le yen devienne une monnaie de référence. L ‘Europe, sans armée, ne peut pas non plus prendre ces responsabilités.

Le vainqueur potentiel du Sommet du G-20 de Londres est le modèle financier anglo-saxon. « La comédie de Londres » s’est focalisée sur l’élimination de quelques paradis fiscaux qui n’ont aucun lien direct avec la crise actuelle, tandis que le plus grand paradis fiscal du monde reste la City. Le G-20 n’a fait que renforcer le pouvoir monopolistique de la finance anglo-saxonne sur la maîtrise des turpitudes financières. La crise a été créée par la dette, on essaie de la régler par une augmentation de la dette publique. Evidemment, cela ne règle rien. Ce sont en fait les contribuables américains, chinois, indiens, européens, japonais qui vont payer pour les dettes des banques américaines. Il existe une connivence générale du système financier mondial, en particulier, entre Wall Street et le Trésor américain pour éviter que la Bourse américaine soit victime de la crise.

Les Chinois sont eux favorables à ce que l’on passe à un système de monnaie émise par le FMI pour en finir avec la domination du dollar générant des crises. Est- il possible de changer de monnaie de référence sans courir le risque d’un effondrement du dollar?

Il est plus que nécessaire d’avoir une monnaie unique mondiale. Cela peut être le dollar. A condition qu’il soit garanti autrement. Une autre voie pourrait être une monnaie émise par une institution financière internationale par exemple le FMI. Tout en sachant que cela n’a pas de sens aujourd’hui. Cette monnaie serait émise en fonction des excédents des différents pays. Chaque pays recevrait un pourcentage de devises. C’est un système très mal aisé à mettre en œuvre. Les Etats-Unis sont face à un dilemme : ils doivent financer leur déficit. Pour cela, il faut augmenter les taux d’intérêts. Mais une hausse des taux d’intérêts ralentira la croissance. Parmi les autres moyens de financement, il y a l’épargne, l’augmentation des impôts. Mais si on épargne, on ne peut plus financer l’industrie, et on ne consomme plus. L’effondrement du dollar n’est dans l’intérêt de personne. Le monde serait sous la menace d’une dépression qui pourrait durer plus de 15 ans. Nous financerons la dette américaine jusqu’à l’extrême pour éviter cette catastrophe.

ce cas, l ‘une des solutions pour diminuer la dette ne serait-elle pas l’inflation ?

L’une des solutions serait en effet une dévaluation de la dette par l’inflation. Mais la surcapacité de production actuelle (notamment automobile) est incompatible avec l’inflation. Actuellement nous sommes plutôt dans une phase de déflation. Pour qu’il y ait inflation, il faut d’abord un démantèlement des appareils de production industrielle en surcapacité. Ensuite il faut un élément déclencheur, cela peut-être une guerre ou une augmentation des prix de matières premières. Mais ce démantèlement provoquerait une envolée du chômage.

Le modèle de croissance japonais basé sur les exportations est mort, quant au modèle européen, il a calé. Peut-on réinventer un nouveau modèle de croissance pour sortir de la crise par le haut et non par le bas?

Une sortie de crise sans aucune réforme n’est pas exclue avec un retour de la croissance américaine. C’est cette une sortie immorale qui serait même à mon sens préférable à une dépression planétaire. Mais pour autant rien ne serait réglé. Nous sommes face à une crise de gouvernance plus qu’une crise financière. Cette crise constitue en soit un problème de civilisation. Elle est avant tout une crise de gouvernance mondiale. Ce qui est en cause, c’est la démocratie au sein du système financier mondial.

Peut-on alors imaginer des mécanismes de financement permettant au citoyen de se libérer des banques ?

La question ne se pose pas comme cela. Historiquement, la naissance des banques fut un formidable progrès, l’argent par rapport au troc. Ce qui est en cause, ce n’est pas l’existence des banques mais plutôt le problème de leur solvabilité. Le système bancaire mondial est en faillite. Les banques ne respectent pas leur ratio de base, elles prêtent plus que ce qu’elles ont en réserve. Les normes internationales de régulation financière existent, mais elles ne sont pas appliquées. Nous devons devons réfléchir à quel type de systême d’organisation financière nous voulons afin que les banques redeviennent un «service public». Le métier de banquier doit redevenir ennuyeux, au service des autres et non pas uniquement intéressé par le profit. C’est comme cela que la banque sera au service de l’économie réelle. L’une des voies possibles est la micro-finance qui constitue un « financement de proximité ». Planet Finance a d’ailleurs ouvert un bureau au Japon. Même s’il faut reconnaître que pour l’instant, le Japon ne s’intéresse que très peu à la micro-finance.

Quel système financier pourrait-il garantir que les banques soient au service des individus?

Le danger de la nationalisation des banques est un repli sur soi qui signifierait un coup d’arrêt au développement international des banques. Je suis personnellement favorable à la création d’un statut d’entreprise publique européenne.

A la fin de la discussion, Philippe Riès a posé une question relative au vingtième anniversaire de la répression de la Place Tienanmen de 1989 :

L’avenir du capitalisme n’est-il pas une forme autoritaire ?

L’économie chinoise est confrontée à des problèmes colossaux. 50% de la population chinoise se partagent seulement 9% du PIB. Si la crise perdure, la Chine va probablement se refermer sur elle-même. Le modèle chinois est-il le futur modèle mondial ? Je pense pour ma part que nous convergeons tous, vers le modèle social-démocrate, c’est à dire un Etat fort avec un marché libre.

Trois questions ont été posées par le public à M. Attali :

L’euro pourrait-il disparaître ?

Oui, les Européens doivent en prendre conscience. Il existe de véritables risques pesant sur l’existence de l’euro. Sans politique fiscale commune, l’Union européenne pourrait disparaître.

Cette crise n’est-elle pas non plus une crise industrielle ?

Oui, il y a bien une crise de surcapacité industrielle.

Dans le contexte des relations franco-japonaises, quelles sont, selon vous, les perspectives pour que les deux pays puissent travailler ensemble ?

La France et le Japon devraient se lancer dans de grands défis. Par exemple, dans l’industrie de la santé (robotique,neuroscience, nanoscience), domaine où le Japon est leader, une alliance franco-japonaise sur des programmes de développement de prothèses médicales serait extrêmement bénéfique pour les deux pays.

 
© Photo by Mitsuru Hirota / DTPWORLD, 2006
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