20 Octobre 2011
Yutaka GOTÔ
En 2009, l’espérance de vie moyenne des Japonais atteignait 80 ans pour les hommes, plaçant le pays en 2ème place des 193 pays du monde derrière Saint-Marin, et 86 ans chez les femmes, situant le Japon en 1ère place pour la vingtième année consécutive. Peut-être est-ce la nourriture japonaise qui est bonne pour la santé, mais beaucoup d’autres facteurs entrent certainement en jeu…
Avec l’augmentation constante de l’espérance de vie, les clubs de fitness sont fréquentés par bon nombre de sportifs ayant dépassé 60 ans. Dans les années 1980, 70 % des membres de ces clubs de gymnastique avaient moins de 30 ans ; aujourd’hui, la tranche d’âge des moins de 30 ans ne représente plus que 30 à 40 % des effectifs. D’après une étude menée fin mars 2010 par le Central Fitness Club d’Oote, les membres âgés de 20 à 29 ans représentaient 11,4 % de la totalité des inscrits, en baisse de 5,2 % par rapport à l’année précédente. Les trentenaires comptaient pour 17,8 % des membres, accusant également une baisse de 5,5 %, tandis que le pourcentage de personnes âgées de 50 ans et plus était en hausse de 11 % par rapport à l’année précédente. L’âge moyen des membres du club s’élevait en conséquence à 50 ans. Le club que je fréquente se situe dans un quartier résidentiel, et il est donc fréquenté par une part encore plus conséquente de personnes âgées. La piscine est fréquentée par un certain nombre de bons et vieux nageurs, et un très grand nombre de marcheurs. Marcher dans l’eau permet notamment de peser moins lourdement sur les genoux, et c’est un exercice particulièrement adapté aux personnes âgées.
Parmi les apprentissages des petits, la natation arrive au Japon en première position devant l’anglais, le piano et le football. D’après l’étude précitée, 130 000 enfants apprennent à nager dans les 160 clubs de gym que compte le pays.
Dans mon club, des serviettes sont mises à disposition sur tous les appareils de musculation, pour permettre aux personnes qui transpirent de s’essuyer. Lorsque je l’ai constaté pour la première fois, la démarche m’a ému. Les lavabos sont équipés de sèche-cheveux, de savon pour les mains et de mouchoirs en papier. Beaucoup de membres se servent de ces mouchoirs en papier pour ramasser les cheveux qu’ils ont pu faire tomber ou pour nettoyer les lieux après leur passage. A l’entrée du sauna, on trouve des nattes que chacun peut emporter avec soi et nettoyer après utilisation avant de les restituer au club. Revenant de Paris, j’ai beaucoup apprécié cette prévenance japonaise à l’égard de la personne suivante !
Dans les toilettes, on peut enfiler de grands chaussons, en plus de chaussons de taille normale, sans avoir à défaire ses chaussures de sport. Cette attention m’a également fait forte impression. D’ailleurs, un panneau indique en japonais : « Merci de bien vouloir utiliser ces lieux proprement ». Le message n’est pas aussi clair en anglais, puisqu’on lit seulement : « Thank you for your cooperation. ». Sur la porte des casiers on peut lire : « Êtes-vous sûr de n’avoir rien oublié ? », ce qui m’est apparu quelque peu superflu… Et à l’intérieur des casiers on peut lire : « Pour prévenir les vols, conservez votre clé sur vous ». En France, nul n’imaginerait faire autrement. Au niveau de la porte d’entrée qui mène aux casiers, une affichette porte la mention : « Merci de vous déchausser ici ». Les chaussures de ville étant restées à l’entrée du club, le message fait référence ici aux chaussures de sport. A Paris, j’allais jusqu’à mon casier pour me changer en gardant mes chaussures de ville. Comme je me mettais pieds nus pour aller jusqu’à la douche, je ne trouvais pas cela très propre, et c’est là une grande différence…
Mon club de fitness est fermé le lundi. En mai et juin, il a cependant ouvert tous les lundis pour compenser les quelques jours de fermeture consécutifs au grand tremblement de terre de l’Est du Japon. Il m’a semblé qu’une telle rigueur ne s’imposait pas, et j’en ai été surpris.
Le responsable de notre bureau, Monsieur Tominaga, m’avait demandé de rédiger des chroniques sur les différences de mode de vie qui existent entre la France et le Japon. Mais avoir écrit un entrefilet sur les transports et un second article sur les toilettes japonaises, le grand tremblement de terre de l’Est du Japon s’est produit. Les dégâts causés par le tsunami et par l’accident de la centrale nucléaire ont été suivis de près par les Français. J’ai donc rédigé sept chroniques sur la vie à Tôkyô et dans ses environs, après le séisme. Pour la première fois depuis longtemps, voici donc que j’écris sur un sujet qui n’est pas en rapport avec le tremblement de terre. Cette chronique est la 10ème et la dernière que je rédige, merci beaucoup de m’avoir lu !
:: Numéro 10 : Etat des lieux dans un club de fitness
:: Numéro 9 : Économiser l'électricité au quotidien
:: Numéro 8 : Les enseignements du grand tremblement de terre
:: Numéro 7 : "La vie post-séisme" – 3#
:: Numéro 6 : "La vie post-séisme" – 2#
:: Numéro 5 : "La vie post-séisme" – 1#
:: Numéro 4 : "Séisme et centrale nucléaire"
:: Numéro 3 : "En cas de tremblement de terre"
:: Numéro 2 : "Les toilettes modernes"
:: Numéro 1 : "Le réseau ferré au Japon"